Well Being

Le Professeur Grégory Ninot  donne la conception contemporaine de la santé

Une autre manière de concevoir la santé renvoie au verbe latin saluto, salutare. Il signifie garder sain et sauf, préserver.

Contrairement à l’idée reçue selon laquelle le corps ne serait qu’un simple amas de gènes inertes hérités de nos  « parents, des études récentes montrent à quel point notre génome est le produit d’interactions complexes entre un organisme et son environnement. »

La définition de « Épigénétique »

Étude de l’évolution constante du génome en fonction de l’environnement, des comportements, du contexte social et du bain culturel. Et cela non pas sur plusieurs générations, non pas à l’échelle d’une génération, mais en quelques mois chez un même individu 1. »

« Elles remettent en lumière les conceptions antiques de la santé, fruit de nos comportements et de nos décisions. »

L’ère épigénétique

L’approche épigénétique bouleverse les conceptions fixistes du patrimoine génétique, des organes s’usant avec l’âge, du cerveau promis à la dégénérescence, de la personnalité figée après la naissance. Notre santé dépend à 70 % de notre environnement et notamment de nos comportements. Nous pouvons donc les influencer.

Des neurochirurgiens observent les formidables capacités d’adaptation du cerveau par la plasticité cérébrale 2. La découverte de cellules souches, y compris dans le cerveau, bouleverse les conceptions figées dès la naissance. La résilience psychologique montre à quel point un événement de vie comme une maladie peut transformer une personnalité censée être immuable 3. Des sportifs prouvent à quel point un entraînement recule leurs limites.

Qui n’a pas entendu du cycliste centenaire français Robert Marchand et de ses exploits ? Qui n’est pas impressionné par les prouesses de l’ultra-trailer Kylian Jornet ? Qui n’est pas subjugué par les récits du plongeur des profondeurs Guillaume Nery ? Qui n’est pas ébahi par les performances du tennisman Roger Federer, numéro 1 mondial à 36 ans ?

L’homme repousse ses limites depuis la nuit des temps, il a fait de sa capacité d’adaptation l’une de ses vertus cardinales qui l’a placé en haut de la chaîne alimentaire.

Dans cette ère de l’épigénétique, les Interventions Non Médicamenteuses (INM) 4 ont toute leur place. Elles stimulent les  « ressources internes du corps tout autant qu’elles modifient la manière d’appréhender l’environnement et les relations avec les autres humains. Elles encouragent à chercher des solutions d’autoguérison, elles favorisent la sécrétion d’endomédicaments.

Elles rappellent qu’un homme est un tout, un cerveau et un corps qui interagissent avec un environnement. Agir sur une composante peut avoir des bénéfices en cascade sur d’autres parties du corps. Reste à découvrir les meilleures voies et pour qui elles sont vraiment profitables. »

«  Si nous pouvions donner à chaque individu la bonne quantité de nourriture et d’exercice, pas trop peu et pas trop, nous aurions trouvé le moyen le plus sûr pour la santé ».

Ce précepte d’Hippocrate (460-377 av. J.-C.) souligne à quel point notre activité physique et notre alimentation comptent pour notre santé. Des études confirment aujourd’hui combien des activités physiques savamment dosées et des régimes alimentaires adaptés favorisent le vieillissement en bonne santé 5.

D’autres montrent que ces solutions sont aussi bénéfiques chez les personnes malades 6. Ces comportements portent les germes de solutions efficaces pour la santé, et sans danger.

D’autres comportements ont l’effet inverse. Des recherches montrent les effets délétères de comportements liés à l’alcool, au tabac, à l’alimentation trop grasse/salée/sucrée, à l’inactivité physique, avec des années de vie perdues, des dommages organiques et des douleurs majorées en fin de vie. D’autres comportements peuvent être signalés comme la non-observance aux traitements médicamenteux prescrits, la consommation de produits psychotropes, la dépendance aux jeux, la sexualité non protégée. »

La définition de la qualité de vie

Dans son sens le plus large, l’OMS définit la qualité de vie comme la « perception qu’a un individu de sa place dans l’existence, dans le contexte de la culture et du système de valeurs dans lesquelles il vit, en relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses inquiétudes 7 ».

Cette définition englobe à la fois l’état somatique, l’autonomie physique, l’état psychologique, le fonctionnement psychologique, le bien-être, les interactions sociales, les activités professionnelles et les ressources économiques.

La qualité de vie liée à la santé, plus restreinte, correspond à un « agrégat de représentations fondées sur l’état de santé, l’état physiologique, le bien-être et la satisfaction de vie 8 ». Elle exclut les domaines professionnels et spirituels. Elle se rapproche de la notion de santé définie en 1947 par l’OMS, en lui donnant toute sa valeur perceptuelle,  contextuelle, intimiste, subjective et singulière.

La qualité de vie liée à la santé reflète des aspects physique, psychologique et relationnel 9.

Elle résulte d’un ensemble de perceptions de l’état de santé, du bien-être personnel et de la satisfaction de vie.

Elle s’évalue en particulier par des questionnaires validés scientifiquement et sensibles au changement. Ils s’utilisent en pratique clinique et en recherche comme marqueur de réussite d’une action de prévention ou d’une thérapeutique. »

Extrait de: Grégory Ninot. « Guide professionnel des interventions non médicamenteuses. »

4  Les interventions non médicamenteuses (INM) :

« Selon la Plateforme universitaire CEPS, une intervention non médicamenteuse « est une intervention non invasive et non pharmacologique sur la santé humaine fondée sur la science. Elle vise à prévenir, soigner ou guérir un problème de santé. Elle se matérialise sous la forme d’un produit, d’une méthode, d’un programme ou d’un service dont le contenu doit être connu de l’usager. Elle est reliée à des mécanismes biologiques et/ou des processus psychologiques identifiés. Elle fait l’objet d’études d’efficacité. Elle a un impact observable sur des indicateurs de santé, de qualité de vie, comportementaux et socio-économiques. Sa mise en œuvre nécessite des compétences relationnelles, communicationnelles et éthiques ». Les interventions non médicamenteuses (INM) sont des solutions de santé qui ont fait l’objet d’études démontrant un bénéfice sur la santé, l’autonomie et la qualité de vie et identifiant les risques pour la santé. Elles sont le plus souvent dispensées par un professionnel. »

Extrait de: Grégory Ninot. « Guide professionnel des interventions non médicamenteuses. » Apple Books.

1 Carey, 2012 ; 2 INSERM, 2008 ; 3 INSERM, 2019 ; 5 Sicard, 2002 ; 6 Leplège, 1999 ; 7 WHOQOL, Group, 1994 ; 8 Mackeigan et Pathak, 1992 ; 9 Curtis et al, 1997


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